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Numéro 108 - décembre 2013

Le chômage des jeunes en Belgique. Diagnostic et remèdes clés

RE108En Belgique, le chômage des jeunes est structurellement plus élevé que dans de nombreux autres pays européens et touche particulièrement les jeunes peu qualifiés. Ceci est non seulement vrai pour la Wallonie et Bruxelles, mais aussi pour la Flandre. Cet article vise à identifier les causes de ce chômage élevé et à proposer quelques remèdes clés. Nous passons en revue les dimensions suivantes : la protection de l'emploi, y compris le salaire minimum, le système d'enseignement, le système d'allocations de chômage et les politiques d'insertion en emploi.

Salaire minimum trop élevé

Le salaire minimum en Belgique est un des plus élevé parmi les pays de l'OCDE. Plusieurs études scientifiques ont établi qu'un salaire minimum élevé a un impact très préjudiciable sur l'emploi des jeunes à faible qualification. La raison en est simple : comme la productivité de ces jeunes ne couvre pas leur coût, il n'est pas rentable pour un employeur d'embaucher ces jeunes.

Pour remédier à ce problème, jusqu'à récemment, un taux de réduction était d'application sur le salaire minimum des travailleurs plus jeunes que 21 ans. Toutefois, les partenaires sociaux ont décidé de graduellement abolir ce taux de réduction. Ceci est une erreur. Par ailleurs, il faut aussi envisager des mesures qui réduisent le coût d'embauche de ces jeunes. Plutôt que de baisser le salaire minimum davantage, nous préconisons un renforcement de la réduction structurelle du coût du travail des travailleurs à bas salaire. Cette réduction supplémentaire peut être financée en supprimant la majorité des aides ciblées au recrutement.

Eliminer le redoublement et le cloisonnement entre l'école et le travail, postposer l'orientation

Les résultats de l'enquête PISA viennent de confirmer cette semaine que les résultats scolaires en Flandre sont parmi les meilleurs de l'Europe, mais en déclin et parmi les plus inégaux au monde. Les résultats en Fédération Wallonie-Bruxelles demeurent médiocres. Par ailleurs, une part beaucoup plus faible que dans d'autre pays européens combinent en Belgique les études et le travail.

Le redoublement est toujours utilisé comme instrument de remédiation, même si la plupart des études scientifiques indiquent que le redoublement aggrave sensiblement les résultats scolaires. Bien que la recherche scientifique ne soit pas concluante concernant le niveau de réussite moyen, elle a établi que l'orientation précoce en Belgique a des effets négatifs sur les résultats des élèves issus de familles défavorisées. Enfin, des études ont montré que la transition de l'école au travail est fortement facilitée par un système d'apprentissage en alternance qui garantit une formation de haute qualité basée sur le travail. Ce système est trop peu développé en Belgique.

En Flandre, la réforme de l'enseignement récemment proposée va dans la bonne direction, mais l'opposition du NVA a fortement réduit les chances de son adoption. En Fédération Wallonie-Bruxelles, peu de réformes de l'enseignement obligatoire ont été engagées, à part l'annonce d'une réforme structurelle dans le «Plan Horizon 2022».

Octroyer une allocation de chômage plus rapidement et cibler davantage les politiques d'insertion en emploi

Le gouvernement fédéral a récemment allongé de 9 à 12 mois la période d'attente («période d'insertion») avant que les jeunes qui sortent de l'école et qui sont à la recherche d'un emploi aient droit à une indemnité de chômage. Par ailleurs, il a décidé de renforcer le contrôle de la recherche d'emploi de ces jeunes. Il est peu probable que ces mesures amélioreront l'insertion des jeunes peu qualifiés. Si l'on veut vraiment réaliser l'insertion professionnelle de ces jeunes, il faut attribuer plus rapidement aux jeunes qui se retrouvent au chômage après leurs études une allocation de chômage modeste couplée à un suivi beaucoup plus étroit qu'actuellement de leurs actions d'insertion. Afin de limiter les coûts, il importe de fortement cibler l'accompagnement de jeunes demandeurs d'emploi sur les moins qualifiés d'entre eux et de baser le contrôle de leurs activités de recherche d'emploi sur des preuves écrites à renvoyer régulièrement par courrier (électronique), au lieu de les évaluer dans des entretiens.

 

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